Cet article a été initialement publié dans le magazine AgriHebdo (en français). Cliquez ici pour accéder à l'original.

L'eau est précieuse : AQUA4D a développé un système qui non seulement permet d'économiser l'eau, mais utilise également ses caractéristiques intrinsèques pour résoudre plusieurs défis auxquels l'agriculture est confrontée aujourd'hui.

La technologie de la société suisse AQUA4D repose sur une approche multidisciplinaire. Elle exploite essentiellement les effets des champs de résonance sur l'eau : « Ces champs de résonance à très basse fréquence agissent sur les clusters de molécules d'eau et modifient certaines propriétés spécifiques », explique Eric Valette, PDG d'AQUA4D, titulaire d'un doctorat spécialisé dans les procédés de traitement de l'eau. La technologie transforme la structure de l'eau, sans modifier sa composition chimique. Au départ, en 2004, Eric Valette et Walter Thut, ingénieur et cofondateur de la société, se sont intéressés à l'utilisation du système dans les bâtiments. « En réduisant la taille des agrégats, le processus améliore la dissolution et la distribution des éléments minéraux et organiques dans l'eau. Il n'y a donc pas de dépôts dans les canalisations. De plus, les résidus existants sont progressivement éliminés. »

Cependant, ils ont rapidement compris que ce traitement était également très demandé dans le secteur agricole. Le système empêche la formation de biofilms dans les réseaux d'eau potable ainsi que l'obstruction des systèmes de micro-irrigation. « Compte tenu du caractère innovant de l'approche, les premières années ont été consacrées à des projets pilotes », explique Walter Thut. La recherche appliquée dans le domaine agricole a connu une croissance exponentielle au fil des ans, grâce à diverses collaborations universitaires avec des ingénieurs et des experts agricoles. Celles-ci montrent que la méthode AQUA4D apporte une solution durable et rentable à plusieurs problèmes rencontrés par les agriculteurs.

Vidéo : « AQUA4D & Agriculture 4.0 », tirée du journal suisse Le Temps

Augmentation des récoltes

« En intervenant sur l'eau, c'est tout l'écosystème qui est impacté. Quand on y réfléchit, c'est logique. Quand on le voit de ses propres yeux, c'est réel », explique Urs Johner, producteur agricole à Chiètres. Il utilise la technologie AQUA4D® dans ses serres, sur une superficie de 8 ha. Ce traitement améliore la qualité de l'absorption de l'eau ainsi que son infiltration. Outre les minéraux, les engrais sont également mieux dissous. Quant à la pénétration dans le sol, on observe une meilleure rétention d'eau. Cela permet non seulement d'économiser de l'eau, mais aussi d'améliorer le développement du système racinaire des plantes. Le traitement d'un élément, en l'occurrence l'eau, a un effet positif sur le sol, la plante et donc la récolte. De plus, ces nouvelles conditions contribuent à lutter contre les nématodes et la salinisation du substrat.

Les raisons d'intégrer cette technologie varient. Dans des pays comme la Suisse, la France ou les Pays-Bas, les préoccupations relatives à la santé des cultures ou à la résolution d'un problème d'engorgement sont au premier plan. L'économie d'eau n'est désormais qu'un avantage supplémentaire. Au Chili, en Californie et en Afrique du Sud, en revanche, l'économie d'eau est un facteur décisif. Au Brésil et en Afrique du Nord, la salinité des sols est une motivation importante. En Suisse, les agriculteurs interrogés adoptent cette technologie pour améliorer la qualité et la quantité de leurs récoltes. « Le jaunissement des laitues cultivées sous les 8 hectares de mes serres m'a incité à essayer AQUA4D. Depuis, je n'ai plus que des laitues vertes. Je fais des économies d'eau et j'améliore la qualité du sol », explique M. Johner.

Intégration transparente

L'intégration de cette technologie ne nécessite aucun ajustement dans la gestion de l'exploitation. « L'unité, qui peut être alimentée par des panneaux solaires, est placée à la dernière étape de l'irrigation. Le système ne nécessite aucun entretien et le travail de l'agriculteur ne change pas, seule la gestion de l'irrigation peut être adaptée », explique Eric Valette. « Ce procédé apporte une réponse durable, rentable et universelle à une série de problèmes agricoles mondiaux. » En agissant sur la structure de l'eau, un composant stable, le traitement est en mesure d'aider les agriculteurs du monde entier. Depuis l'installation des premières unités en Suisse, des systèmes de traitement sont déjà opérationnels dans plus de 40 pays.

Nétape suivante: cultures de plein champ

Au quotidien, l'équipe d'Aqua4D se consacre à la recherche et au développement. Compte tenu du caractère innovant de l'approche, la commercialisation nécessite des collaborations avec des instituts de recherche agricole dans différents pays. Cette nécessité d'illustrer l'efficacité de l'approche, quels que soient l'environnement et le climat, leur permet de découvrir de nouvelles pistes et de relever le principal défi : la création d'une agriculture durable et rentable. Pour illustrer les effets, l'entreprise utilise divers outils de surveillance de pointe. « Nous mettons en œuvre l'Agriculture 4.0 en collaborant avec diverses entreprises et start-ups à travers le monde », explique M. Valette.

De plus, l'entreprise suisse travaille actuellement à l'adaptation de son système à l'irrigation des cultures arables. Les défis techniques sont nombreux. Cette nouvelle étape bénéficie notamment du soutien de la Commission européenne (Horizon 2020) et de la Fondation suisse pour le climat. « La mise en œuvre de notre traitement dans le secteur des cultures de plein champ permettra de faire progresser et de diffuser non seulement les économies d'eau et d'énergie, mais aussi l'amélioration des sols, des plantes et des cultures à plus grande échelle », conclut M. Valette.

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Étude Aqua4D en cours dans une serre du Valais, en Suisse

Aqua4D s'intègre parfaitement dans les installations existantes.